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"En francais s'il vous plait" le blog des étudiants du département de français de lˇUniversité Nationale de Chungbuk en Corée du sud. Ils parlent de leur pays avec leurs mots et en français.

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Le voyage du Jikji, de la Corée à la France

Le Jikji (직지) , un trésor coréen inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO

 

Le Jikji Simche Yojeol, connu sous le nom abrégé de Jikji, est un ouvrage bouddhique ancien considéré comme le plus ancien livre imprimé au monde à l’aide de caractères métalliques mobiles. Inscrit au registre Mémoire du monde de l’UNESCO, il témoigne de l’innovation technologique et de la richesse spirituelle de la dynastie Goryeo.

 

Publié en 1377 par le moine bouddhiste Baegun, le Jikji visait à diffuser les enseignements du bouddhisme Seon et à élever le niveau de conscience spirituelle de la population. Ce livre a été imprimé au temple Heungdeoksa, situé à Cheongju, bien avant l’invention de l’imprimerie par Gutenberg en Europe — précisément 73 ans plus tôt.

À l’origine, l’ouvrage se composait de deux volumes. Toutefois, seule une partie du second volume, contenant 38 feuillets, a survécu jusqu’à aujourd’hui. Cette rareté historique est aujourd’hui conservée à la Bibliothèque nationale de France à Paris.

Le titre Jikji Simche Yojeol porte une signification profonde. « Jikji » fait référence à la voie directe vers l’illumination, « Simche » à la nature véritable de l’esprit, et « Yojeol » à un recueil des enseignements essentiels.

 

Ce précieux héritage illustre non seulement l’avance technologique de la Corée médiévale dans le domaine de l’imprimerie, mais aussi son engagement envers la transmission des valeurs spirituelles et éducatives.

 

 

Quelle est la valeur du Jikji ?

 

Avec le « Grand Dharanisutra de la Lumière Immaculée et Pure », le plus ancien ouvrage xylographique par le royaume de Silla, le Jikji est considéré un ouvrage très important en Corée du Sud. 

Grand Dharanisutra de la Lumière Immaculée et Pure

 

Au moins depuis le début du VIIIe siècle, la Corée utilisait l’impression xylographique. Beaucoup de textes bouddhiques ont été gravé sur bois, jusqu’au XIIe siècle. Pendant la période Goryeo, à grâce du projet par la dynastie, le Korea Tripitaka a été créé deux fois, au XIe et au XIII siècles, pour un total de 162 000 pages. Mais, à cause du support en bois, ces xylographies étaient fragiles, donc c’était difficile de les protéger et de les garder en bon état. Le premier Tripitaka a en effet été perdu durant la guerre contre la Mongolie.
 

Les coréens ont donc essayé de fabriquer des caractères mobiles en métal. Selon les archives, il y avait des documents imprimés en caractères métalliques mobiles comme le  Nammyeong cheonhwasang songjeungdoga et le Gogeum sangjeong yemun avant le Jikji, mais il n’existent plus aujourd'hui. C'est pourquoi le Jikji acquiert aujourd'hui une importance historique si particulière. Il n'en reste qu'un exemplaire dans le monde entier. C'est donc c’est un objet précieux.

 

Pourquoi le Jikji est-il maintenant conservé à la Bibliothèque nationale de France?

 

Vers la fin de la dynastie Joseon, Victor Collin de Plancy, qui était un diplomate français à Joseon, il a pris le Jikji en Corée et il l'a emporté en France. En 1911, il a vendu les livres qu'il avait acquis aux enchères, et le Jikji était aussi inclus. Lors de cette enchère, Henri Véver, qui était collectionneur de livres anciens, a acheté le Jikji pour 180 francs. Après sa mort, selon son testament, le Jikji est donné à la Bibliothèque nationale de France en 1950.

La Bibiothèque nationale de France

   

   Grâce à madame Byung-Sun PARK, le jikji a été redécouvert à la bibliothèque. C'était possible parce qu'elle travaillait alors à la Bibliothèque nationale de France. Elle avait décidé d'étudier en France parce qu'elle voulait retrouver des livres historiques conservés en France sur les conseils de son professeur.

Madame Byung-Sun PARK

 

En 1972, elle a exposé le Jikji à l'exposition de la Bibliothèque nationale de France  conduite entre mai et octobre durant l'Année internationale du livre. Elle a révélé la vérité historique du Jikji à cette occasion.

 

Le Jikji : inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO

 

En 2000, la Corée a essayé d’enregistrer le Jikji au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’était un cas très rare, parce que le pays enregistrant de l’œuvre et le pays possédant étaient différents. La première fois, la France a refusé la demande de la Corée du Sud qui voulait inscrire le Jikji à l’UNESCO. La Corée a organisé des forums internationaux pour sensibiliser les esprits et enregistrer le Jikji. Grâce à ces efforts, la France a décidé d'accepter le processus d'enregistrement pour la demande. Finalement en 2001, le Jikji a été enregistré sur la liste Mémoire du monde de l’UNESCO.
 

Le prix Jikji par l’UNESCO

 

Depuis 2004, l’UNESCO remet le prix Jikji à des personnes ou des associations qui contribuent à protéger la mémoire du monde. Tous les deux ans, il le distribue pour encourager des études d’intérêt de mémoire.

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R
Encore un article passionnant !
Répondre
D
Merci de votre commentaire ! :)